Germaine Cousin sur la RTS dès le 12 féfrier 2017

Diffusé sur le site de la RTS émission 36.9 tout les dimanche dès le 12. février 2017

Germaine Cousin-Zermatten est la vedette des émissions Les Remèdes de Grand-Mère, se soigner avec les plantes. Qu’en dit la science…
Tournées à St-Martin cet hiver, la première série sera diffusée tous les dimanches sur le site de la RTS. L’émission a été réalisée et animée par le journaliste Christophe Ungar animateur dans la célèbre émission de santé 36.9 sur la RTS.

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La Valaisanne super star chez les Belges

Toujours enthousiaste, Germaine découvre pour la première fois la Grand-Place de Bruxelles: «C’est magnifique!» © Wollodja Jentsch

Article publié en novembre 2011 dans générations

Invitée pour présenter ses remèdes et recettes de grand-mère, Germaine Cousin a conquis Bruxelles. Elle a même été reçue par…Micheline Calmy-Rey.

A 86 ans, Germaine Cousin-Zermatten a quitté son village natal de Saint-Martin pour une poignée de jours. Destination: Bruxelles. Un séjour marathon pour ce personnage hors du commun qui, dans son mayen, donne des séminaires sur les vertus préventives et curatives de la flore du terroir et enseigne l’art de se soigner comme le faisaient nos grands-mères.

Dans ses bagages, de la livèche et d’autres plantes curatives ou aromatiques qu’elle transformera sur place en mets, sirops et pommades. «J’ai eu un accident de luge à l’âge de 12 ans, confie-t-elle. Les médecins ont dit que je serai paralysée. Je suis restée deux ans sans poser un pied par terre. Durant cette période, ma mère m’a massée deux fois par jour avec une pommade contenant de la teinture d’arnica, de l’huile de millepertuis et de l’astragale pois chiche. A ceux qui me manifestaient de la pitié, je répondais: je ne suis pas une pauvre petite fille, je suis seulement accidentée. Un jour, je remarcherai et mieux que toi! J’ai donc réappris à marcher et une nouvelle vie a commencé…»

Face à la caméra

La dernière aventure de Germaine a débuté à l’aéroport de Cointrin, un récent dimanche d’octobre, sous le regard suspicieux de la sécurité. «J’avais emmené des petits pots pour y mettre la pommade que je devais préparer devant les caméras, raconte-t-elle avec son accent chantant. Le douanier m’a fait remarqué qu’ils étaient vides. Je lui ai répondu: «Ben justement, c’est pour pouvoir les remplir!»

Diable! C’est que la Valaisanne a l’esprit vif et le sens de la formule, celui–là même qui fera mouche le lendemain, devant la caméra de la RTBF, la radiotélévision belge. A 10 h 30 donc, branle-bas de combat chez Anne Henchoz, son hôtesse bruxelloise et l’organisatrice de son séjour. L’équipe de l’émission télé Sans Chichis débarque.

Toute pimpante dans son pull mauve, le brushing impeccable, Germaine est parfaitement à l’aise. «Je vais vous montrer comment préparer un sirop d’oignon pour soigner la toux. C’est formidable, facile à faire et très bon! C’est une recette de grand-mère: à l’époque, on n’avait pas d’argent pour acheter des médicaments et on était à 20 kilomètres du plus proche médecin. Mais par chance, une sage-femme du village connaissait les herbes et nous apprenait à nous en servir.»

Perfectionniste, le réalisateur coupe la prise de vue. Une fois, deux fois, trois fois… L’animateur Dan Gagnon propose son aide à Germaine. «Volontiers, lui répond-elle. Comme ça, vous aurez fait quelque chose d’utile aujourd’hui!» Tout le monde s’esclaffe. L’enregistrement reprend, avec la fabrication de la pommade La totale. A base de saindoux, additionnée d’impératoire, de sauge et du très rare astragale pois chiche, elle doit son nom à ses multiples vertus curatives: des douleurs articulaires aux maux de tête. «Et si vous ne trouvez pas ces plantes chez votre pharmacien, précise Germaine, vous n’avez qu’à venir en vacances en Valais et les cueillir!»

Questionnée sur son infinie patience lors du tournage, Germaine a là aussi une réponse toute prête. «Vous savez, j’ai l’habitude. J’ai déjà participé à plusieurs émissions télé. Et puis, ça sert à quoi, de s’énerver? Après, on n’arrive plus à s’en débarrasser!…»

Prise dans un tourbillon médiatique

La journée n’est pas terminée pour Germaine. Après une interview accordée au mensuel local, départ pour le Petit Suisse à Uccle, où quelque 30 convives l’attendent pour un repas dégustation, apprêté par le patron du restaurant, avec les herbes importées par Germaine et sur ses conseils. Au menu: soupe à la bataille, beignets aux plantes des Alpes, salade et crème vanille à l’aspérule odorante pour le dessert, sans oublier une liqueur dont elle a le secret. Ou presque. «Je ne suis pas la seule à connaître les plantes. Beaucoup de grands-mamans de mon âge ont aussi ce savoir, mais elles n’osent pas s’exprimer en public. Moi, cela s’est fait tout naturellement.»

Oui, mais comment? «Mon fils Raymond me demandait souvent des trucs et conseils pour ses petits maux et ceux de ses amis. Un jour, il m’a demandé de mettre tout ce que je savais par écrit, en me disant: à qui vais-je demander de tels conseils quand tu ne seras plus là? J’ai donc fait le tour des dames âgées de la région pour compléter mon savoir.» C’était en 1976 et aujourd’hui, Germaine compte huit livres à son actif, dont elle dédicacera de nombreux exemplaires à des invités conquis par le discours et le menu.

«Un très grand honneur…»

Mardi, en fin de journée, départ pour l’Espace Les Jeux d’hiver, où se prépare une réception à l’occasion d’un congrès de l’Association européenne de libre-échange (AELE). Germaine est là, tout émue. Dans quelques instants, elle sera reçue par Micheline Calmy-Rey. «C’est un grand honneur. Jamais je n’aurais pensé rencontrer une personnalité aussi importante!» Souriante, la présidente de la Confédération s’avance. Germaine lui donne un livre et la liqueur de laurier qu’elle a préparée tout exprès à son intention et étiquetée à son nom. L’entretien dure une dizaine de minutes. Trop au goût du secrétaire particulier de Micheline Calmy-Rey qui met un terme au rendez-vous. «Ça, c’était super! Elle m’a dit que mon nom lui disait quelque chose, relate Germaine. Mais qu’elle ne savait pas ce que je faisais exactement. Je le lui ai donc expliqué. Elle m’a aussi dit que sa mère soignait son mal de gorge, lorsqu’elle était enfant, avec des oignons cuits dans du lait.» A peine remise de ses émotions, là voilà de nouveau en route, cette fois pour la commune d’Evere, où l’attend une conférence.

Cor des alpes, sonneur de cloches et même un conteur, qui récite une histoire du val d’Hérens, donnent le ton de la soirée. Devant une centaine de participants, Anne Henchoz, l’amie de Germaine et épouse d’un conseiller de l’Ambassade suisse en Belgique, explique les circonstances de la présence de la Valaisanne à Bruxelles. «Je prenais de l’essence dans une station-service à Sion. Parmi une gondole de chocolats, il y avait un livre de Germaine, Cataplasmes et compresses. J’ai demandé à la caissière si quelqu’un l’avait oublié. Elle m’a dit non, c’est pour acheter. Je l’ai donc pris et lu. Puis, j’ai suivi plusieurs séminaires de Germaine dans son mayen. Je trouve qu’elle est tellement formidable que je l’ai invitée.»

De la consoude au lieu de la limace

C’est au tour de Germaine d’entrer en scène. Toujours pétillante et aimable, elle livre ses trucs et astuces contre la constipation, la sinusite, les maux de tête… «On dit qu’il faut avaler une limace vivante pour soigner un ulcère à l’estomac…», enchaîne-t-elle. Le public, mi-interloqué mi-dégoûté, réagit. «Mais la racine de consoude râpée fait le même effet, et c’est quand même plus agréable à avaler!» Les questions fusent alors dans le public. A chaque fois, Germaine rappelle qu’il faut d’abord prendre conseil auprès de son médecin.

Il est 1 heure du matin lorsque Germaine se met au lit. Mais comment fait-elle pour être en si bonne forme? «Je fais une cure de printemps et une cure d’automne. L’hiver, je prends des compléments alimentaires, par exemple du millet brun moulu. Pour le reste, je mange de tout, mais modérément. Trop et trop peu gâtent tous les jeux!»

La visite des principales attractions touristiques, le lendemain matin, trahit toutefois l’un de ses petits faibles. «C’est vrai, j’aime le chocolat, de préférence au lait», déclare-t-elle chez Godiva, l’un des chocolatiers les plus réputés de Belgique. Elle en profite pour faire un brin de causette avec la vendeuse. De la Grand-Place, elle rejoint à pied la fontaine où trône le Manneken-Pis. «C’est drôle, je l’imaginais plus grand que ça! Au fait, c’est quoi son histoire?» En fanfare, la statuette est revêtue sous ses yeux d’un habit de nettoyeur. Assise à une terrasse, elle déguste un café liégeois. Puis, c’est le départ pour l’Atomium. Emerveillée devant la verdure de la ville, elle est stupéfaite par la taille et le panorama de cette structure, construite à l’occasion de l’Exposition universelle de 1958.

La récréation se termine. Cet après-midi, Germaine s’envolera pour Charleroi, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Bruxelles, pour l’enregistrement d’une dernière émission de télé avant son retour. Pour se reposer? «Pas tout de suite. Je serai présente au Salon des goûts et des terroirs à Bulle, début novembre, pour y lancer ma ligne de produits: une sauce et un potage lyophilisés, ainsi qu’un aromate aux herbes.» La vente de ces produits servira à financer le projet de centre de soins, avec hôtel et ateliers, qu’elle envisage de faire construire à Saint-Martin. Un jardin conservatoire complètera le complexe. «Il ne manque que l’argent, mais j’en suis sûre: ça viendra. Vous savez, je ne fais pas ça pour m’enrichir, mais uniquement pour que tout ce savoir ne se perde pas.»

Et c’est sans doute là le véritable secret de Germaine: la générosité et le goût des autres.

 Sandrine Fattebert, de retour de Belgique

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